Historique du Corset de Milwaukee

I. HISTORIQUE DU CORSET DE MILWAUKEE
Selon ses souvenirs, le corset de Milwaukee fut mis au point par le Professeur BLOUNT, Doyen de la Faculté de Milwaukee, durant les années 50.
II était à l’époque fort compliqué avec une ceinture pelvienne en cuir moulé qui s’ouvrait par charnières, un cercle thoracique branché sur celle-ci à l’aide de ridoirs et 4 mâts (2 postérieurs - 2 antérieurs) supportaient une têtière très volumineuse comportant 2 appuis occipitaux et un plat mandibulaire.
Ce corset avait pour principe la mise en extension de la colonne vertébrale. C’était donc un corset de traction.
Au cours des années 60, ce corset considérablement modifié par Monsieur le Professeur BLOUNT lui-même, fut introduit en France par Monsieur le Professeur JUDET et de nombreux modèles furent réalisés par Monsieur RATERON Directeur des établissements GARIN. Monsieur le Docteur SALOVONA de Toulouse utilisa le corset de Milwaukee sous cette même forme. Les appareils étaient fabriqués par les établissements CAZABON & TOURET à Toulouse.
Les principales modifications de ce corset résidèrent dans la suppression du cercle thoracique et son remplacement par un mât antérieur unique ; mât réalisé en duralumin pour permettre l’exploration radiographique de la colonne vertébrale.
En 1970, Monsieur DUSEIN Directeur des établissements RAVIER-TOUZARD, sur les demandes pressantes de Monsieur le Docteur DUBOUSSET et de Monsieur le Professeur CARLIOZ, respectivement responsables des Services orthopédiques de l’Hôpital Saint Vincent de Paul et de l’Hôpital TROUSSEAU de Paris, partit faire un stage de quinze jours à MINEAPOLIS Saint PAUL, dans les Services du Professeur MOE et du Docteur WINTER, son assistant.
Le corset modifié “Minéapolis” qu’il put y étudier présentait les modifications suivantes par rapport au précédant:
- La ceinture pelvienne était réalisée en orthoplast (qui était en fait un dérivé américain du polyisoprène et du sunsplit canadien). Cette ceinture pelvienne était donc plus légère, ne comportait aucune charnière métallique et sa texture permettait des modifications faciles par thermoformage.
- La forme initiale de l’appui mentonnier (très préjudiciable à la dentition du patient) était positionnée en appui hyoïdien. Cet appui trouvait à présent sa place entre les branches du maxillaire inférieur et de ce fait n’avait que peu d’incidence sur la dentition des enfants.
- D’autre part, le principe du corset était également modifié puisque de passif, il devenait actif. En effet, l’enfant devait effectuer à l’intérieur du corset toute une série d’exercices qui avaient pour but:
- une délordose lombaire
- un effet d’élongation
- un mouvement latéral du torse afin d’éviter les appuis thoraciques et lombaires.
Ces modifications furent donc étudiées par Monsieur DUSEIN au cours de son stage, aidé dans sa recherche par la bienveillante attention d’un orthopédiste polonais Monsieur DJARNACK.
Dès le retour de Monsieur DUSEIN en France en février 1970. Les établissements RAVIER-TOUZARD fabriquèrent ce modèle dont le succès fut considérable. En effet, le chiffre atteint depuis cette date dépasse largement les 15 000 unités, soit environ 800 par an.
Ce corset, dont le modèle fut ramené des Etats-Unis en 1970 n’a pas subi de modifications notoires et reste toujours d’actualité, ses intérêts étant nombreux (peu d’incidence sur la capacité vitale, une efficacité incontestable).
Malheureusement, son aspect peu discret le rend quelquefois difficile à supporter d’un point de vue psychologique, et plus particulièrement par les jeunes adolescentes.

 

II PRESENTATION
Le corset de Mllwaukee aujourd’hui est réalisé sur moulage et mesures. Il est pris en charge à cent pour cent par les organismes de sécurité sociale.
C’est un corset qui s’étend du cou aux grands trochanters. Il est fréquemment composé d’une pelvienne en polyisoprène, de deux mats postérieurs et d’une têtière en acier inoxydable, d’un mât antérieur en duralumin et d’appuis mobiles en décorai. Toutes les parties métalliques subissent un traitement de surface par rilsanisation.
II s’adresse le plus souvent aux scolioses ou aux cyphoses évolutives, des enfants, dès l’âge de treize mois et jusqu’à la fin d’un traitement.
Différents réglages sont possibles:
en hauteur, devant et derrière.
en hauteur et en pression, au niveau des mains d’appui/rappel.
en espace antéro-postérieur.
en équilibre frontal comme saggital.
Le principe est toujours une auto-correction guidée par la têtière et les appuis qui doivent être évités.
Les enfants qui consultent, accompagnés de leurs parents, aimeraient mieux se rendrent à leur magasin de vêtements préféré.
En guise de vêtements à la mode on leur a prescrit un corset qu’on leur a montré ou qu’ils doivent imaginer!
Lorsque les différentes démarches administratives auront été accomplies, le jour du moulage aura pû être déterminé.
Les questions que l’enfant se pose sont plus pertinentes et plus angoissées aussi.

III CONTACT ET MOULAGE
C’est le jour du moulage, et c’est la première rencontre de celle (ou celui) qui va porter le corset avec celui qui va le réaliser.
Les pelviennes de corsets de Milwaukee sont réalisées à partir d’un moulage précis de la moitié inférieure du tronc de l’enfant et ce dans une position particulière. Des mesures et des indications complèteront ce moulage et permettront la confection du corset complet.
La tendance actuelle est d’effectuer son moulage en milieu hospitalier, en présence, de ses parents, du prescripteur, du kinésithérapeute (s’il le souhaite) et de l’appareilleur. Toute l’équipe se trouve ainsi réunie.
Pour s’assurer la coopération de l’enfant et pendant qu’il se déshabille l’appareilleur lui explique en quoi consiste ce moulage.
L’appareilleur, orienté par le médecin, fait un examen clinique minutieux de l’enfant torse nu. L’enfant de face, se penche en avant, mains jointes : nous visualisons la ou les gibbosités. De dos, nous constatons un éventuel déséquilibre latéral. L’appareilleur porte sur la fiche, établie au nom de l’enfant, ses constatations, complétées des mesures faites sur la dernière radiographie.
Puis l’enfant s’étend sur le dos, revêtu d’un jersey tubulaire, afin que l’on prenne ses mesures:
La distance de la symphyse pubienne à l’appendice xiphoïde
La distance de l’appendice xiphoïde au menton
La distance entre les Epines Iliaques Antéro-supérieures
La largeur du cou
L’appareilleur prépare une ceinture en bandes plâtrées qui servira à marquer ce que l’on a coutume d’appeler le pince taille. Elle est constituée de trois épaisseurs en 10 cm de large. Sa longueur est un peu supérieure au tour de taille de l’enfant. A chaque extrémité une bandelette de tissu d’environ 50cm de long est nouée. Le moulage se fait le plus souvent dans un cadre approprié : le principe étant une barre inférieure sur laquelle les mollets viendront prendre appui, deux barres supérieures auxquelles l’enfant s’accrochera, bras levés au dessus de la tête. Nous lui expliquons comment se tenir. Nous attendons de lui qu’il adopte une position de délordose partielle. II aura besoin d’être guidé à chaque instant pour n’être ni en lordose ni en cyphose lombaire avec effacement des masses fessières. Faute de quoi le corset projetterait l’enfant vers l’avant en position bipodale.
Cette position de moulage est fatigante.
Pour noyer la ceinture “pince-taille”, une première bande plâtrée est passée couvrant la taille. La ceinture prend sa place à la hauteur des sillons iliaques dans lesquels elle est torsadée. Les bandelettes se croisent en regard de la symphyse pubienne, et sont nouées sur la barre inférieure entre les jambes.
(j Il faut repérer au crayon encre:
la symphyse pubienne, l’appendice xiphoïde, les Epines Iliaques Antéro-supérieures.
Les bandes suivantes sont déroulées de manière à obtenir une épaisseur homogène s’étendant des grands trochanters au dessous de la poitrine.
En cours de séchage les verticales (antéro-postérieure et latérale) sont matérialisées, le nom de l’enfant est porté sur la coquille. En régie générale le plâtre est ouvert à l’arrière.
L’opération moulage proprement dite étant terminée, l’enfant prend une douche pendant que nous refermons la coquille sans la déformer. Une nouvelle rencontre est décidée avant de se séparer.

 

IV. A L’ATELIER
Nous passons sur les techniques de conversion d’une coquille plâtrée en un positif. Toutefois nous attirons votre attention sur la nécessité d’un report exact des différents axes et la préservation des zones pré encrées sur le jersey avant le moulage.
Nous procédons à la correction du positif, coulé en aplomb grâce aux axes, de la façon suivante:
Sur la face antérieure, nous devons creuser une concavité abdominale de 300: de l’appendice xiphoïde à la symphyse pubienne en effleurant les épines iliaques antéro- supérieures. Le maximum de la concavité se trouvant su la ligne des EIAS. Les deux sillons iliaques sont à marquer symétriquement en respectant l’orientation du bassin. Pour respecter les EIAS on les couvre d’une fine couche de plâtre de 5 mm.
Sur la face postérieure, nous devons respecter aussi la présence d’épines iliaques postéro-supérieures saillantes. Nous devons veiller à ce que le pince-taille ne revienne pas dans les tiers postérieurs. Il y a lieu de diminuer la gibbosité lombaire si elle existe.
A présent le positif est recouvert d’un lait de plâtre fin pour uniformiser la surface. Nous traçons les contours de la future pelvienne en prévoyant l’appui lombaire s’il en existe un. Pour une expansion normale des basses côtes de l’enfant dans son corset, nous apposons un feutre d’un centimètre et demi d’épaisseur au dessus du pince-taille:
du côté de la concavité lombaire il est postérieur et latéral,
tandis que du côté de la convexité, il n’est que sur la face latérale.
II reste à reproduire les axes et à identifier le moulage.
Le thermoformage de la pelvienne en polyisoprène à ouverture postérieure se fait dans de l’eau à environ 80°. Nous appliquons le matériau sur le positif fixé à l’horizontale sur une barre de grosse section passée dans le tube prévu lors de sa réalisation. La face antérieure est moulée la première en fixant le polyisoprène en haut et en bas. Nous retournons le positif pour fixer sur sa face postérieure les deux parties du polyisoprène encore mou sur l’axe médian postérieur. Nous marquons correctement le pince taille en s’assurant que ce dernier est au contact du plâtre. II ne reste plus qu’à refroidir le polyisoprène avec une éponge mouillée d’eau froide.
La superstructure se présente sous la forme de deux mâts postérieurs qu’il faudra cintrer et dégauchir de telle sorte que fixés sur la partie postérieure de la pelvienne, ils soient parallèles dans tous les plans. Par ailleurs ils doivent être distants de neuf à douze centimètres selon la taille de l’enfant. Cet écart se réduit dans la région cervicale.
Le collier a une forme presque ronde sauf vers l’avant où il est oblong. II est fixé aux mâts postérieurs et est incliné d’environ vingt degrés en bas et en avant. Il reçoit les appuis occipitaux garnis de mousse et l’appui hyoïdien en vitrathène moulé.
Le mât antérieur en duralumin relie la têtière à la partie antérieure de la pelvienne, parallèlement aux deux mâts postérieurs et comporte un système de réglage en hauteur de centimètre en centimètre.
Les mains d’appui/rappel sont installées provisoirement d’après la fiche, la pelvienne est prédécoupée.
L’essayage peut être effectué.

 

V. ESSAYAGE DU CORSET
Le but de cet essayage est bien entendu de déterminer avec précision la taille définitive de la pelvienne, la hauteur du corset, l’emplacement des appuis, leurs pressions, mais aussi tous les aspects des aplombs dans le plan frontal comme dans le plan sagittal.
A cette étape l’examen clinique est semblable à celui du moulage. En plus des gibbosités, C7 et Si sont repérées au crayon gras, une gibbosité thoracique antérieure ne doit pas être écartée. D’éventuelles - cicatrices évocatrices d’interventions dirigent la décision d’appuis, ou non, en des endroits particuliers. A noter si le bassin est équilibré, ou non, au vu des épines iliaques antéro supérieures. Enfin les formes thoraciques en entonnoir ou en carène ne doivent pas passer inaperçues dès lorsqu’on corsète un enfant. La rotation de la ceinture scapulaire par rapport à la ceinture pelvienne est évaluée ; la pression des appuis pouvant être un facteur majorant qu’il faudra contrôler.
Notons ici l’importance d’avoir une très bonne relation avec l’enfant avant même de lui enfiler ce corset a fortiori s’il s’agit d’une première mise.
Dans le cas d’un renouvellement de corset, cet essayage présente peu de difficultés; l’ancien corset peut nous aider d’une part, d’autre part l’enfant a déjà la notion de corset et donc d’essayage. Techniquement les gestes restent les mêmes:
Avant l’essayage, l’appareilleur vérifie que la hauteur du corset est compatible avec la distance “bord supérieur de la crête cou” de l’enfant. Le cas échéant il faut faire le réglage jusqu’à ce que le cou soit libre dans la têtière.
Le collier est fermé grâce à la molette, puis la pelvienne serrée, l’enfant s’appuyant à plat ventre sur une table ou sur une chaise. Nous avons ainsi la certitude que le bassin est bien parallèle à la face antérieure du corset. Cette technique est impérative chez les tout-petits, très conseillée chez les autres.
L’appareilleur trace le chevauchement de plastique ou repère la distance qui sépare les bords de la fermeture. Il trace aussi le pli inter fessier, ce qui servira à recentrer les mâts du corset au moment de la finition.
Aidé de la radio, il met en place les appuis mobiles et note les modifications qu’il faut leur apporter: il peut s’agir de la forme ou de la taille. Il s’intéresse à la place plus ou moins latéralisée que devra prendre l’appui dorsal suivant l’aspect du profil de cette région. Rappelons ici que la main d’appui englobe en totalité la partie postérieure de la gibbosité ainsi que latéralement les côtes des vertèbres sous-jacentes à la vertèbre sommet. Cette plaque doit agir sur la courbure dans les trois plans, c’est à dire déroter, repousser latéralement et vers le haut. La partie postérieure appuie d’avant en arrière, tandis que la partie latérale pousse dans l’axe des côtes aidée par la hauteur de l’entretoise qui dirige cette inclinaison. II faut bien sûr contrôler la hauteur, la longueur, le galbe de l’entretoise de l’appui dorsal. Une entretoise de sous axillaire peut être nécessaire chez les jeunes filles.
II faut maintenant équilibrer le plus possible le tronc dans le corset. Nous commençons fréquemment par tendre le sous axillaire jusqu’à ce que le cou butte légèrement sur le collier puis en. se servant de l’appui dorsal on recentre le cou. Procéder dans l’autre sens peut rendre difficile, voire impossible l’équilibre du tronc si la tension est trop forte sur l’appui inférieur.
Il . faut prévoir un espace suffisant de chaque côté du cou. L’espace antéropostérieur, c’est à dire la profondeur, peut être estimé : il doit y avoir suffisamment d’espace, mais l’enfant ne doit pas pouvoir passer son menton derrière la mentonnière. En station debout au repos, le collier doit laisser le cou libre de mouvements avant arrière. Le cas échéant il faut régler l’aplomb antéropostérieur.

Le galbe des mâts postérieurs et antérieurs auront eux aussi quelques modifications à subir de telle sorte que sans être trop voyants sous les vêtements ils n’en soient pas moins distants du thorax en inspiration forcée.
Nous en sommes à pouvoir dessiner les découpes de la pelvienne. Elles tiennent compte de la présence d’une courbure lombaire que l’on veut contrôler. Le côté convexe sera appuyé tandis que le côté concave sera le plus souvent découpé. La découpe à la partie basse postérieure devra permettre de s’asseoir sans que le corset touche la chaise. En avant la flexion des cuisses doit être de 90 degrés. La découpe de la partie antérieure haute se fait sous l’appendice xiphoïde le plus souvent couvrant les côtes flottantes afin d’éviter les conflits de frottements.
Le corset peut maintenant être retiré. On regarde l’état de la peau qui était dans la pelvienne : une hyperpression s’il en existait une, aura laissé une rougeur.
Les enfants n’expriment pas toujours une douleur. Un aménagement sera nécessaire.
Le corset peut être orienté vers l’atelier pour sa finition.

VI. A L’ATELIER
De retour à l’atelier, le corset est modifié selon les observations effectuées au cours de l’essayage.
Le collier est réajusté en largeur comme en profondeur.
Les mains mobiles définitives sont choisies ou faites à l’unité. La pelvienne est découpée et bordée.
Les aplombs sont réalignés.
Les mâts sont galbés et démontés de la pelvienne pour subir le traitement de surface.
Les appuis convenablement garnis de mousse (plastazote) reçoivent les sangles appropriées.
La pelvienne est perforée puis le tout est ré assemblé : les mâts sont recentrés grâce au croisement et à l’axe du pli inter fessier.
Le plastique est doublé à la partie postérieure médiane et recouvre le bas des mâts.
Ne pas manquer de préparer une éventuelle pelote de plastazote en prévision d’un appui lombaire à renforcer.

 

VII. MISE EN PLACE DEFINITIVE
Cette mise en place définitive s’effectue très fréquemment en présence du prescripteur. L’enfant sera à nouveau torse nu, bien que le corset soit porté sur un maillot par la suite. La mise en place sera d’autant plus aisée que l’essayage aura été plus approfondi.
Néanmoins nous retraçons les points C7, S1, ainsi que les limites des gibbosités. Nous passons le corset à l’enfant, en lui expliquant ainsi qu’aux parents comment le mettre correctement. L’enfant sera peut-être amené à le mettre seul si l’âge le permet. On ferme le collier en premier lieu, l’enfant se penche vers l’avant, ou mieux s’appuie sur une table comme lors de l’essayage, on peut alors serrer la pelvienne en laissant en moyenne un travers de doigt entre les bords.
L’enfant “s’installe’ dans son corset, c’est à dire qu’il bouge un peu, cherche à homogénéiser les pressions sur la peau et sort la tête jusqu’à trouver sa place.
Lorsque qu’il se sent à l’aise, on vérifie que les appuis sont à leur place, au besoin il faut les remodeler à la main. La hauteur définitive du collier est réglée sur avis du médecin. De nombreux paramètres entrent, en effet, en ligne de compte. Citons les problèmes de dos plats ou de dos creux, d’orthodontie, ou tout simplement de vie scolaire.
Il faut, pour bien ajuster les tensions des appuis mobiles, mettre le coussin de plastazote sur la lombaire si il est nécessaire. Il a en effet souvent une incidence non négligeable sur l’équilibre global.
Le cou sera toujours centré dans le collier. Les mâts du corset doivent être verticaux l’enfant se tenant bien en appui bipodal.
Le profil sera lui aussi vérifié, quelques aménagements, au moyen des pinces à dégauchir, peuvent s’avérer utiles.
L’enfant se sera assis, éventuellement devant une table, la découpe du bas du corset doit être suffisante nous ne pas provoquer la remontée de celui-ci.
On lui demande comment il se sent dans la pelvienne, et si aucun point douloureux n’apparaît. Lorsque le prescripteur le souhaite, l’enfant pourra aller passer une radiographie. Dans le cas d’une première mise cette radio sous corset permet d’affiner les réglages. On peut être amené à déplacer im appui ou à modifier les tensions après mesures de ce contrôle radiologique.
Lorsqu’on a la certitude que la mise en place est comprise, que l’enfant ne souffre pas dans son corset, on peut donner les derniers conseils quant aux styles de maillots qu’il est préférable de porter. Si possible sans couture, le cas échéant les coutures seront vers l’extérieur. Des aménagements par table inclinée ou par chevalet réduisent le désagrément de la têtière lors du travail scolaire. La mentonnière et les appuis occipitaux ne doivent pas servir à se reposer. Toute apparition de dermite doit faire l’objet d’une consultation afin que le corset soit vérifié. La croissance peut en effet imposer des modifications, en particulier sur la pelvienne.

VIII. LES REGLAGES PENDANT LA DUREE DU TRAITEMENT
Les contrôles et réglages peuvent être faits à plusieurs occasions:
* Lors d’un rendez-vous de consultation, en présence de l’appareilleur, le médecin peut préconiser un nouveau réglage des tensions, un rehaussement du collier ou quand le corset donne des signes de vieillesse, le renouvellement de celui-ci.
* Avant une échéance de rendez-vous, les parents ou l’enfant peuvent constater soit que le collier est un peu bas soit que la pelvienne est de moins en moins adaptée au fur et à mesure d’une prise de poids en rapport avec l’âge. Ils seront revus par l’appareilleur qui pourra faire les premiers réglages de hauteur de collier et si cela est possible un aménagement de la pelvienne. L’appareilleur pourra conseiller d’obtenir un rendez-vous rapproché avec le médecin si une décision lui paraissait urgente à prendre. Nous conseillons toujours de ne pas attendre l’irréparable pour venir nous voir ou pour se rendre aux consultations auxquelles nous assistons, de manière à éviter de trop grands laps de temps entre les visites.

IX. LES CORSETS DE MILWAUKEE PARTICULIERS:
Nous n’avons pas la possibilité de décrire en détails tous ces corsets. Nous nous contenterons de citer quelques cas fréquemment rencontrés:
Les têtières peuvent être:
souples en polypropylène (associées à des mâts en plastique)
à fermeture déplacée à mi-hauteur sur les mâts postérieurs
sans appui occipitaux (laminectomie)
avec appui hyoïdien modifié en mentonnière en forme de fer à cheval
avec appuis spéciaux pour torticolis
Les mâts:
souple en polypropylène ; mât antérieur bifide (trachéotomie) ; devant de têtière basculant sur le mât antérieur
Les pelviennes: autres matériaux que le polyisoprène ; à ouverture antérieure (têtière à ouverture latérale) ; bivalve (têtière à ouverture latérale) ; convexe en avant (cardiopathie associée) ; lordosante (cyphose lombaire) ; adaptation d’appareils de marche.


RAVIER TOUZARD (c) 2011-14 :RAVIER TOUZARD - Orthopédie générale - orthèse/prothèse | Plan du site | Crédits | Mentions légales | Liens | Contact |