Le Pied Bot Varus équin

Histoire du pied bot varus équinmémoire/pbve01

Le pied bot varus équin est une maladie connue depuis les temps les plus anciens. Durant l'antiquité, il n'était pas rare que les enfants nés avec un pied bot meurent par carence de soins ou par infanticide.

Rappelons que dans la mythologie antique, Héphaïstos (appelé encore Vulcain ou Mulciber), dieu du Feu, forgeron et armurier de l'Olympe, était un dieu boiteux.

Fils de Zeus et d'Héra (ou d'Héra seule selon les versions), Héphaïstos était le seul dieu d'apparence hideuse parmi tous les immortels.

Il est dit dans l'Iliade que sa mère, honteuse d'une telle laideur, le précipita du haut de l'Olympe. Une autre version attribue à Zeus cette chute, pour punir Héphaïstos d'avoir pris la défense d'Héra dans une querelle avec son époux (Zeus).

Héphaïstos restait cependant un dieu populaire à l'Olympe et sur terre, partisan de la paix. Il était le patron des artisans et des artistes, et le protecteur des forgerons.

Dans la vie antique, il présidait la cérémonie où les enfants étaient admis dans la vie de la cité.mémoire/pbve03

Au XIIème siècle avant notre ère régnait sur l'Egypte un pharaon porteur de pied bot : Siptah 

Hippocrate fut le premier à essayer de comprendre et de traiter cette maladie, et ceci dès la naissance.

Au moyen âge, le pied bot était considéré comme un signe d'origine divine (donc comme une punition) et possédait déjà cette image négative.

En 1642, Jusepe de Ribera peint pour le vice-roi, le duc de Medina de las Torres, une toile représentant un jeune mendiant porteur d'un pied bot, toile actuellement exposée au musée du Louvre.

Le jeune infirme tient un papier sur lequel on lit en latin "Donnez-moi l'aumône pour l'amour de Dieu".mémoire/pbve02

Il ne s'agit pas d'un pied bot idiopathique mais d'un pied bot neurologique, s'intégrant dans un contexte d'hémiplégie droite : on peut en effet constater une déformation du poignet et de la main droite. 

Il faut attendre le XVIème siècle, avec Ambroise Paré et Félix Würtz de Bâle, pour voir apparaître de nouvelles descriptions plus rationnelles du pied bot, et surtout des propositions de traitement par contention externe progressive.

La première ténotomie (Glossaire) du tendon d'Achille (section complète du tendon qui tire le talon vers le haut) fut réalisée par Lorentz à Francfort en 1782. Il fut suivi par Delpech à Montpellier au début du XIXème siècle, mais la technique fut arrêtée en raison du nombre important d'infections postopératoires. Le traitement était donc essentiellement orthopédique par appareillages externes.

A ce propos, il faut citer le travail d'Antonio Scarpa, médecin italien qui propose dès 1803 un ouvrage sur la manière de corriger le pied bot congénital.

En 1831, Stromeyer eut l'idée de réaliser la première ténotomie d'Achille, non pas en ouvrant largement la peau (ce qui conduisait à une infection), mais par une incision de quelques millimètres : ce fut la première ténotomie percutanée. Le grand chirurgien anglais Little fut lui-même traité de cette façon, apprit cette technique et la rapporta en Angleterre en 1837.

Il faut relire le livre de Gustave Flaubert, Madame Bovary, où Charle Bovary réalise une section percutanée du pied bot d'Hippolyte, avec un bon résultat immédiat...  

Le début du XXème siècle voit la naissance d'outils orthopédiques de correction du pied bot tels que la machine du Professeur F.Schultze, permettant des redressements "en force", et probablement "en souffrance", des déformations anatomiques.mémoire/pbve04  

Appareil orthopédique utilisé au début du XXème siècle à l'institut Rizzoli         

Le XXème siècle vit se développer des techniques chirurgicales de correction de plus en plus pointues avec des médecins comme Barnett, Codivilla, Brockman, Turco...

Parallèlement, le traitement orthopédique devenait plus doux et de plus en plus codifié avec Elmsie, Kite puis Ponseti et Masse.

Quelques personnages célèbres porteurs de pied bot

Lord Byron (George Gordon) 1778-1824. Poète anglais. Il vécut toujours très difficilement cette maladie, et la ressentit comme une infirmité physique et sociale. Pour cette raison il préférait vivre à Venise, où les déplacements se faisaient plus en gondoles qu'à pied.

Sir Walter Scott 1771-1832. Romancier anglais. Il acceptait mieux sa maladie, d'autant plus que deux de ses ancêtres en avaient été porteurs.

Talleyrand (Charles-Maurice de) 1754-1838 Diplomate français. Il dissimulait l'origine congénitale de sa maladie en racontant qu'une nourrice maladroite avait provoqué un accident dans son enfance. 


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